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j'ai oublié de vous dire
Intro (et extra) spection
cinéma / musique | 15.03.2011 - 10 h 13 | 0 COMMENTAIRES
We Want Sex Equality…

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Une jeune femme, la trentaine, sereine, un peu timide ou du moins réservée, agréable à regarder à défaut d’être jolie. Nous sommes en Grande Bretagne au début de l’été 1968. Il fait chaud sous les tôles ondulées percées qui servent de toit à l’usine Ford. Rita, c’est le prénom de la jeune femme, et ses collègues y confectionnent l’habillage intérieur des voitures que les hommes montent dans l’usine adjacente. L’usine des hommes est bien sûr équipée d’un toit qui ne fuit pas en cas de pluie et surtout ils gagnent un salaire plein, alors qu’à qualification égale, ces femmes touchent « institutionnellement » une paie inférieure. Par hasard, Rita devient avec son cœur, ses tripes, ses convictions et une infinie humanité leader de la contestation de ces ouvrières que l’establishment considère comme des sous êtres humains.

Tel est le sujet de « We Want Sex Equality » de Nigel Cole. Histoire romancée relatant un fait historique qui amena le gouvernement britannique à adopter en 1970 la loi rendant l’égalité des salaires hommes/femmes obligatoire.

Le film est absolument délicieux de naïveté, d’humour et de nostalgie, il est également plein de vie, de couleurs et de bonne musique. Mention spéciale à Sally Hawkins, connue du public lesbien pour sa participation à deux adaptations télévisuelles d’oeuvres de Sarah Waters (Tipping the Velvet/Caresser le velours et Fingersmith/Du bout des doigts), qui rend particulièrement attachant le personnage de Rita ainsi qu’à Bob Hoskins (Qui veut la peau de Roger Rabbit ?) en allié bienveillant au sein du syndicat.

Réaliser qu’il y a 40 ans une femme n’avait pas la même valeur qu’un homme dans la vieille Europe, permet d’apprécier le chemin parcouru (merci les féministes), la fragilité de ces acquis (pas merci la paupérisation intellectuelle grandissante) et combien il est important que chacun et chacune à son niveau ne laisse passer le plus petit dérapage.

 

cinéma / musique | 18.02.2011 - 00 h 24 | 10 COMMENTAIRES
Last Night…

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Qu’est ce que tromper ?

Cette question est judicieusement posée dans l’épisode 10 de la saison 5 de The L Word lors du feu de camp. « Embrasser n’est pas vraiment tromper » dit Bette (Jennifer Beals), pour Shane (Kate Moenning) « Embrasser n’est pas tromper, tout comme je pense que coucher n’est pas tromper… à moins que tu couches plus d’une fois avec cette personne… » Ce qui soulève les tollés de toute l’assemblée… Mais pour Tasha (Rose Rollins) « penser est tromper »…

Chaque personne a sa propre définition de la tromperie. Suivant son propre vécu, ses blessures ou bien ce qui l’arrange… Mais aussi, comme le souligne Jenny (Mia Kirshner), en fonction de ce que le couple a décidé au moment de sa formation : monogamie ou relation libre…

A moins d’être une sainte, toute lesbienne a subi sinon le passage à l’acte au moins la tentation. C’est un sujet vieux comme le monde, plus prégnant encore puisqu’on sait par Frédéric Beigbeder que « L’amour dure trois ans », tandis que nous tentons de le faire durer beaucoup plus longtemps…

Un film explore ce sujet avec délicatesse et empathie, il s’agit de « Last Night » de Massy Tadjedin. Le couple marié formé par Keira Knightley et Sam Worthington subira, la même nuit, la tentation sous les traits d’Eva Mendes et de Guillaume Canet.

Tromper physiquement ou sentimentalement, est-ce un même degré de tromperie ? Résister ou se laisser tenter, telle est la question…

Les 2 personnages de tentateurs manquent probablement de profondeur. Mais New York est belle, Keira Knightley est magnifique, la musique est jolie… Et Massy Tadjedin, à défaut de donner des réponses (soyons honnête, il n’y en a aucune…) esquisse un portrait juste de l’adultère.

Se mentir à soi-même, ne pas tout dire à son partenaire, une étincelle qui s’allume dans les yeux ou dans le ventre… La tromperie est en marche…

Dès lors qu’on y succombe, on tombe dans une spirale dont on ne sort pas indemne…

cinéma / musique | journal de bord | 03.02.2011 - 15 h 25 | 1 COMMENTAIRES
« Incendies » chez « Angèle et Tony », enfin presque…

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Ivre des allers-retours entre les deux femmes qui occupent mon existence. Il était nécessaire que je me prenne par le col et que j’aille voir ailleurs si j’y suis. Pourquoi ne pas commencer par un peu de musique. Corinne Bailey Rae m’a détendue… « Breathless » en boucle serait la plus douce des punitions…

J’ai continué ma thérapie par la vision de deux films aussi différents qu’il est possible de l’être, leur dénominateur commun étant l’émotion qu’ils font naître.

« Incendies » de Denis Villeneuve

Canada, un homme et une femme, jumeaux trentenaires, viennent de perdre leur mère. Chez le notaire (avec lequel leur mère travaillait et qu’ils considèrent comme leur parrain), ils découvrent stupéfaits que leur père n’est pas mort et qu’ils ont un frère dont ils ignoraient l’existence. Ils sont chargés de remettre une enveloppe à chacun d’eux. Ceci fait, une 3ème enveloppe pourra être ouverte et leur mère enterrée alors dignement. Simon se bute tandis que Jeanne est prête à partir au Moyen Orient, d’où sa mère est originaire, afin de découvrir la vérité.

Le film oscille entre drame historique (son sujet), puzzle visuel (sa construction) et enquête façon Adamsberg, le héros des romans de Fred Vargas (son scénario).

J’ai passé un long moment à me demander quel pouvait être le pays du Moyen Orient évoqué dans le film, ma conclusion fut le Liban. J’ai cherché ensuite si ma déduction était la bonne, j’ai trouvé la réponse en apprenant que l’auteur de la pièce dont est tiré le film, Wadji Mouawad, est d’origine libanaise… Mais ce silence quant à l’exacte situation géographique des évènements, propose une vision générale d’un Moyen Orient multiple et unique à la fois.

« Incendies » est un film magnifique tout d’un bloc et pourtant touffu.

Le parcours initiatique des deux jumeaux qui connaissaient une mère imparfaite et découvrent la femme cassée/recollée qui se cachait derrière.

La découverte de sa vie étonnante, le spectateur avance au même rythme que les jumeaux éprouvant parallèlement le poids des révélations.

Le Liban, ou du moins ce pays sans nom, personnage torturé.

La musique, choix magnifique de morceaux qui découpent au couteau les scènes qui défilent sous nos yeux.

La photographie. Au Moyen Orient, sublimes paysages de cartes postales en proie à la sauvagerie la plus innommable. Au Canada, des images fades et pourtant c’est là que se trouve la possible quiétude.

Un souvenir. Une scène de violence ordinaire en tant de guerre se déroulant dans un bus : une larme d’empathie, de douleur, de révolte mélangées a coulé sur ma joue gauche, creusant un sillon dans ma mémoire.

« Incendies » est ma seule émotion puissante depuis « Tournée » ou « Amore ».

Note to myself : me contenter de voir les films dont le titre ne comporte qu’un mot …

« Angèle et Tony » d’Alix Delaporte

Port en Bessin, Normandie. Une femme encore jeune, belle mais cassée répond à une annonce de rencontre passée par un pêcheur rond et taiseux. Elle lui saute dessus comme elle fait d’ordinaire avec tout homme, il s’éloigne. Intriguée, elle le cherche, il la laisse s’approcher, l’intègre (platoniquement) à son univers.

 Histoire d’amour sobre et simple.

Décrire brièvement au début du film par une courte scène l’état dans lequel se trouve Angèle, relève de la talentueuse trouvaille. La cinéaste définit Tony par son travail. La pêche est un métier exercé en famille, en groupe, en revendiquant.

Ces deux là sont faits pour se rencontrer comme une carpe et un lapin. Elle est séduisante, il est quelconque. Il ressemble à un long fleuve tranquille, elle est dans le même état qu’une voiture téléguidée appartenant à un gamin de 2 ans. Il a un métier, elle ne fait rien… Et pourtant, loin du film « cas social » qu’on pourrait craindre, l’alchimie entre les deux acteurs (Grégory Gadebois/Tony et Clotilde Hesme/Angèle), la pudeur du scénario et la modestie de la caméra donnent un film magnifiquement romantique.

Les sourires qui se dessinent progressivement sur leurs visages illuminent la pellicule.

Tout comme dans « Incendies », il est question de reconstruction. Alors que dans le film québécois elle interviendra une fois la caméra éteinte, ici nous en sommes témoin et le sourire accroché au visage des spectateurs à la sortie du film, fait un bien fou…

Note to myself : penser à épouser Grégory Gadebois… s’il est libre.

journal de bord | 22.10.2010 - 11 h 39 | 5 COMMENTAIRES
Le tourbillon des jours…

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« J’ai beau lutter, traîner, rôder / Dormir qu’avec le tout petit jour »

Certaines semaines ressemblent à une forte fièvre entrecoupée de délires. La n°42 qui s’éteint lentement avait cette saveur… Elle a débuté dans l’angoisse de ne pas trouver le précieux breuvage qui nourrit mon cheval à explosion. Petit réservoir = grosse angoisse. C’est marrant je n’avais jamais envisagé la moto sous cet aspect… En même temps, c’est un peu normal, il est rare que l’inconnue dans l’équation du régime des retraites (ça existe encore ce truc ?…) soit le carburant !

« Je vais vous dire une banalité / Y’a rien qui remplace un amour… »

Les jours se suivent et se ressemblent… j’ai cette chanson dans la tête par intermittence. Les textes des années 70/80 signés Claude Moine sont joliment troussés et parlent aux sentimentales comme moi.

Entre rendez-vous, rédactions, démarches, conversations téléphoniques… un flash… Celui de Debra Winger dans « L’Affaire Chelsea Deardon » lundi soir… Mon gaydar fonctionne comme un portique de détection d’objets métalliques. Debra Winger l’a toujours franchi en déclenchant un bip insistant… Aucune certitude quant à la véracité de cette sensation, d’autant plus que rien dans sa « personal life » ne laisse présager une éventuelle vie saphique… M’en fous ! J’ai passé une soirée en compagnie des sourire parenthèse et regard perçant de la dame…

 

« Mais, je fais comme si / Comme si je pouvais vivre sans lui »

Ma semaine est une page de blog, de la douce ronde de mon nuage de tags personnel émerge un fait divers glauque, pathétique et poignant. Londres : un prince saoudien a été condamné à la prison à vie pour le meurtre de son amant/serviteur… Je ne sais pas ce qui me touche le plus. Que ce serviteur ait été un esclave, supportant sans réagir les coups incessants que lui donnait son maître et amant… Que ce prince saoudien n’ait jamais assumé son homosexualité évidente parce que toute son éducation et sa religion lui ont bourré le crâne de certitudes hétéronormées… Que tout cet argent leur ait fait partager un luxueux hôtel, théâtre d’un sordide entassement de stéréotypes ne pouvant que déboucher sur un drame… La fatigue me fait ressentir cet évènement avec une empathie inhabituelle, je me sens impuissante, la détestation de l’autre est tellement présente dans notre société, qu’elle se pare d’une horreur plus grande quand cet être détesté est celui qu’on aime…

« Je t’imagine faisant l’amour / Un lieu commun pour les paumés »

Son regard noir est planté comme un pin’s dans la peau nue de ma poitrine. Ce n’est pas réservé aux paumé(e)s Eddy, crois-moi….

« J’arrête, fini, j’ai fait le tour… J’admire ceux qui savent oublier »

Une sorte de colloque… L’orateur cesse de s’exprimer, les participants se dispersent, se rendent vers les buffets pour consommer petits fours, champagne, boissons pétillantes américaines… Une grande liane blonde toute en jeunesse attire les regards ou plutôt mon regard… On me parle, je hoche la tête pour toute réponse, toute à ma contemplation de la végétation blonde… Je crains le pire une fois vieille, édentée et grabataire… regarderai-je le personnel de soins avec la même convoitise…

« Les mots qui me faisaient sourire / Dans les chansons osées, sucrées »

Dans ma boite mail ce matin, une belle analyse de photographie signée Daniel Schneidermann. Un texte simple sur une image pas si simple. Un regard circulaire qui s’interroge et se fait le témoin d’une semaine contestataire et en panne sèche.

 

« Y’a rien qui remplace un amour… »

genre | 01.10.2010 - 11 h 29 | 8 COMMENTAIRES
Confusion des genres…

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Je suis née fille, aucune incertitude possible… je n’ai pas grandi fille, ni garçon d’ailleurs… j’ai grandi et me suis construite « autre » (j’aime d’ailleurs beaucoup cocher cette case dans les questionnaires…), une sorte de maelstrom entre les deux sexes.
Dans l’illusion de ce que je pense me rappeler de mon enfance, j’ai su très vite que j’étais Alain Delon car il tenait Romy Schneider dans ses bras et c’est ce que je voulais faire quand je serai grand(e) ! Je suis une enfant des années 60 avec une seule chaîne de télé, en noir et blanc et pas beaucoup d’heures de diffusion… Donc sans modèle pour moi, « autre »… Alors j’étais forcément Alain Delon, Thierry la Fronde, Zorro…
Dans la cour de récréation, les filles ne pensaient qu’à commérer et se tirer les cheveux…pfff ! Moi j’aimais la bagarre, les amitiés bourrues, les parties de billes effrénées… J’étais donc avec les garçons et on regardait les filles avec un début de concupiscence dans le regard… Tout cela s’est passé dans la plus parfaite harmonie jusqu’à mes 12 ans et 6 mois. Il paraît que je suis alors devenue « une femme », en tout cas c’est ce que ma grand-mère m’a dit… les semaines, les mois qui ont suivis n’ont été que douleur et questionnement. Car mon corps, cet ami androgyne jusqu’à maintenant, s’est mis à changer. Il a pris des seins, des formes, du poids… Evidence : je ne suis pas un garçon ! Question : comment vais-je faire pour plaire à une fille ?…
De la 5è à la 3è, j’ai fait comme tout le monde, les yeux doux aux types, je les choisissais pas trop dégourdis mais pas trop neuneu non plus… ça ne me disait rien de « coucher » avec… je n’avais pas faim à ce point là… Embrasser, oui. Pelotée, à la rigueur…. Plus si affinités, que dalle !
Après avoir quitté le collège et être entrée au lycée… je fais une rencontre décisive en la personne de Jeane Manson. Jeane Manson qui me susurre dans les oreilles en 1976 « faisons l’amour avant de nous dire adieu »… Mais quelle bonne idée ! Donc elle et moi, nous nous sommes dit très très très souvent adieu… L’exercice m’a détendu, le fait de changer de bahut aussi. J’ai arrêté de donner ma bouche et mes seins à des garçons pour lesquels je ne ressentais rien… et je me suis lancée dans cette histoire passionnelle avec Jeane Manson (malheureusement, j’ai cru comprendre que si vous lui en parliez, elle nierait tout en bloc ! Je me suis vengée, depuis je ne suis plus jamais ressortie avec une blonde, non mais !).
Plus à l’aise avec ma sexualité (autocentrée soit, mais sexualité quand même…) j’ai dit à mes amies les plus proches, du bout des mots, que je crois que… peut être bien que… il me semble que… Bref, je suis attirée par les filles… Et là, un grand merci à mes 2 copines, cela ne leur a posé aucun problème… Au 3è trimestre en seconde, pour mes 16 ans, elles m’offrent le 45 tours de Eruption « i can’t stand the rain », juste parce qu’elles savent que j’adore la poitrine généreuse de la chanteuse sur la pochette…

Ma confusion des genres ne m’a jamais quittée… Sans doute parce que je me suis construite sans image, sans repère, sans modèle, en tâtonnant et comme je pouvais… Je suis restée ce mélange, cet « autre »… Masculin pour les fringues, féminin pour le corps, masculin/féminin pour l’expression de la sexualité et pour l’esprit…

Je dédie ce post à Jeane Manson et à mes 2 copines… reconnaissance éternelle

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